Robert d’Arbrissel et l’aventure Fontevraud

Robert d’Arbrissel a fondé au XIIème siècle l’abbaye de Fontevraud et un ordre monastique de grande influence. Un homme d’exception, défenseur des pauvres, réputé précurseur du féminisme, qui a rêvé d’une « cité idéale ».

En 1101, la petite communauté que conduit Robert d’Arbrissel arrive à Fontevraud, au carrefour du diocèse de Poitiers et du Comté d’Anjou. Un premier oratoire est construit, posant la première pierre de ce qui deviendra une des plus grandes cités monastiques d’Europe.

Robert n’est pas un inconnu. Né vers 1045 à Arbrissel, près de Rennes, il a étudié à Paris où il a adhéré à l’élan de réforme du pape Grégoire VII. Archiprêtre de Rennes, Robert en est chassé en 1093 et fuit vers Angers puis la forêt de Craon, où il fonde l’abbaye de la Roë. Il reprend bientôt la route pour se faire prédicateur itinérant. Avec grand succés. C’est avec ses disciples qu’il fonde Fontevraud.

Le principe du nouvel ordre est fort et original. Il est à la fois mixte et dirigé par une femme. C’est la « révolution fontevriste ». Un projet renversant, au sens littéral : soumettre les hommes au pouvoir des femmes, au sein de l’abbaye… et au-delà. A la fin du XIIème  siècle, l’ordre comptera une centaine de prieurés en France, en Angleterre et en Espagne, avec plus de 3000 religieux et religieuses. Jusqu’à la Révolution, qui mit fin à l’aventure fontevriste, 36 abbesses se succéderont à la tête de Fontevraud.

L’autre originalité de Fontevraud tient à son ancrage dans le monde. Proche des pauvres – « je refuse la sépulture des Lieux saints, je désire être enterré dans la boue de Fontevraud, parmi mes petits frères et soeurs… » -, Robert d’Arbrissel ne veut pas d’une citadelle, réservée à quelques « élus » coupés du monde. Il conçoit Fontevraud comme une cité monastique, miroir de la société, accueillant hommes et femmes, clercs et laïcs, nobles et roturiers, bien-portants et lépreux… Une « cité idéale ».

Robert d’Arbrissel fut aussi homme de polémique, suscitées par son intransigeance mais aussi des comportements imprudents : il se vante de partager la couche de femmes, pour prouver sa résistance au désir… De quoi empêcher sa canonisation, pas sa postérité.

Philippe le Boulanger dans le magazine du Conseil Régional (n° 61, mai-juin 2015)

Pour en savoir plus

Configuration des bâtiments

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Configuration des batiments de la cité de Fontevraud à notre époque.

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